Regards critiques sur l’espace quotidien

reprendre la ville !

édito
#5

Depuis quatre numéros déjà, notre ligne éditoriale est constante : s’intéresser aux villes et aux territoires à travers le regard d’une diversité de contributeurs. « Usages », « citoyennetés », « désirs », « visages », c’est avec vous que nous interrogeons les conditions de vie en commun au sein de nos espaces quotidiens. Nous avons pour cela fait le choix de donner une large place à ce que la société civile soulève comme questionnements et aux idées nouvelles qu’elle propose pour la fabrique, l’animation et l’appropriation des territoires. En filigrane, nous mettons en lumière les relations, bien trop distantes, entre usagers et décideurs ainsi que l’attente d’une gouvernance mieux partagée avec les citoyens. Alors que cette attente se fait urgence et nous interpelle directement dans nos domaines de prédilection, nous vous invitons aujourd’hui à « Reprendre la ville » !

À qui appartient la ville ?

Reprendre la ville, c’est évidemment s’intéresser aux jeux de pouvoirs complexes qui structurent nos territoires, les interpeller et les interroger à l’aune des nombreuses remises en question des modes de gouvernance traditionnels, d’un climat de défiance croissant vis-à-vis des systèmes politiques ou encore de l’apparition de nouveaux acteurs démocratiques. Nous vous invitons à répondre à cette question rhétorique : « à qui appartient la ville ? ». Il s’agit tout autant d’expliquer les origines du panorama actuel que d’analyser l’évolution plus récente des jeux d’acteurs, des nouveaux tandems public-privé, des pratiques professionnelles et des leviers de la démocratie participative, pour évaluer leurs impacts et leur capacité réelle à produire les changements nécessaires dans la production urbaine.

Prendre part pour agir

Reprendre la ville c’est aussi s’engager pour agir. S’engager tout d’abord à reprendre nos esprits à l’heure d’une crispation des postures intellectuelles, alors que chacun se revendique, à tort ou à raison, de l’inclusion et de la résilience et que le participative-washing produit plus de frustrations que d’urbanité. S’engager aussi à prendre part à ces débats et permettre d’une part à chacun de se réapproprier les choix politiques et d’autre part d’inscrire à l’agenda des élus les attentes collectives autour de l’action publique locale. L’échéance rapprochée des élections municipales de 2020 nous invite à une reprise collective de ces enjeux politiques et urbains. Cinquante ans après « Le droit à la Ville » d’Henri Lefebvre, nous devons encore et toujours ouvrir les marges de manœuvre des citoyens et valoriser leur capacité d’amélioration du vivre-ensemble et du cadre de vie.

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