Sur-Mesure est une plateforme d’édition qui offre un espace de débat collectif sur la vie des villes et des territoires. À travers une diversité de formats, Sur-Mesure invite depuis 2016 des contributeurs d’horizons disciplinaires variés à poser leurs regards critiques sur l’état et l’avenir de nos espaces quotidiens. Les éditions de Sur-Mesure se déclinent à travers des publications en ligne, en accès libre, des cycles d’édition, diffusés à travers d’autres médias, et des événements, organisés au gré des cycles d’édition et des rencontres.
Transformer, une culture du tiers‑lieu
Si le terme de tiers-lieu est défini dès les années 1980 par le sociologue Ray Oldenburg, ce n’est que depuis une quinzaine d’années que l’on assiste à leur multiplication. Des friches industrielles, commerciales ou même militaires sont transformées en tiers-lieux collaboratifs à vocation culturelle. Cette nouvelle figure spatiale est progressivement médiatisée et mobilisée par l’action publique. L’État encourage actuellement leur développement dans tous les territoires, notamment via les programmes du groupement d’intérêt public France Tiers-Lieux. En effet, les tiers-lieux contribuent à pallier la disparition de services publics de proximité, et plus largement du lien social, contrebalançant de fait les effets des politiques publiques d'inspiration libérale. Souvent porteuses d’une ambition de renouvellement de l’exercice de la démocratie locale, ces instances mutent sous l’effet de leur institutionnalisation.
Ce cycle de publications propose une lecture critique des impacts sociaux et territoriaux des tiers-lieux culturels. A l’heure de la reconstruction de la ville sur elle-même, des acteurs traditionnels de l’aménagement s'approprient et utilisent les codes du piratage urbain (squats, underground, lieux alternatifs…) pour transformer ces friches et leur territoire d’implantation. Les logiques d’attractivité ou de marketing territorial peuvent entrer en contradiction avec les objectifs initiaux de promoteurs de formes culturelles alternatives. Une discontinuité s’observe entre les occupations temporaires et préfigurations faisant appel à la créativité artistique et culturelle, et les transformations induites au profit de la promotion immobilière. Ainsi, certains tiers-lieux collaboratifs à dimension culturelle participent à des stratégies implicites de concentration des richesses. Ils peuvent aussi contribuer à la transformation, voire à la disparition de pans entiers de l’histoire sociale locale. La multiplication des tiers-lieux culturels raconte aussi l’évolution des politiques culturelles, avec le développement des projets d’EAC (Education Artistique et Culturelle) ou l’apparition de la notion de droits culturels.
Des interrogations émergent de cette situation : quelles controverses accompagnent l’émergence des tiers-lieux culturels ? Comment est-on passé de formes d’auto-gestion à une fabrique institutionnalisée ? Quels sont les jeux d’acteurs et les modalités de gouvernance ? Comment les projets de tiers-lieux culturels participent-ils à réinventer les territoires desquels ils ont émergé ? Quels sont les effets sociaux et territoriaux des tiers-lieux culturels ? En quoi préfigurent-ils, ou non, les aménagements de demain ? De quels imaginaires, signaux faibles ou promesses d’un monde plus soutenable sont-ils les relais ?
Ce cycle est conçu et proposé par Florian Guérin et Quentin Lefèvre. Vous souhaitez y participer ? N'hésitez pas à consulter l'appel à contributions ou à nous écrire !

Lieux ouverts, ville cadrée

Quand la culture fait ville

Le paysage comme infrastructure des politiques publiques

Un accomplissement post-moderne

Entrées de ville commerciales : sortir du prêt-à-penser

Les communes rurales au défi de la revitalisation

La prospective territoriale fondée sur les soutenabilités

Le Grand Paris sans Paris

Sur ma route, circuler à Dakar

Sur ma route, Nouakchott la capitale mouvante

Sur ma route, les espaces publics de Casablanca

Sur ma route, entre soleil et tourisme en Algarve
